10 choses à savoir sur Hans Hartung

10 choses à savoir sur Hans Hartung

Né en allemagne puis naturalisé français, Hans Hartung est considéré comme Pionnier de l’abstraction lyrique et malgré une jambe amputée en 1944, il a produit une œuvre motivée par « la fabrique du geste ».

Pleines de dynamisme et de liberté, les œuvres de Hans Hartung sont traversées par le désir de mettre au point un nouveau langage pictural. Alix revient sur la vie mouvementée du peintre.

1/ Il tombe dans la peinture un peu par hasard.

 

Huile sur toile, 89 x 162 cm ©Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen ©Adagp, Paris, 2019

Hans Hartung, né en 1904 à Leipzig est né dans une famille aisée. Son père l’aurait bien vu embrasser une carrière de philosophe mais, ne lui en déplaise, il deviendra peintre. En 1919, le jeune Hans alors à l’internat, renverse son encrier sur son lit. Il est alors fasciné par la tache formée sur son édredon et commence tout doucement à délaisser la philosophie pour la peinture.

 

2/ Hans Hartung s’est fait appeler Jean Gauthier et Pierre Berton.

 Hartung, de tous les combats;

Photo: légionnaire, en 1940, crédit Fondation Hartung Bergman

Réfugié en France en 1935 pour fuir le régime nazi, Hans Hartung s’enrôle dans la Légion étrangère sous le nom de Jean Gauthier. Démobilisé en 1940 lors de la signature de l’armistice, il se réfugie alors en zone libre. Et lors de son invasion, en novembre 1942, il se réengage. A la clé, le nouveau nom de Pierre Berton.

  

3/ Il avait une jambe de bois

Hans Hartung : "Je déguste la nature et la vie comme chacun, ça n ...

Hans Hartung dans son atelier près d'Antibes. Crédits : Francis Apesteguy - Getty

Durant la Seconde Guerre Mondiale, alors que Hans Hartung part en mission pour sauver l’un de ses camarades soldat blessé, il prend une balle dans la jambe. Il se réveillera à l’hôpital avec une jambe amputée.

 

4/ Un héros de l’abstraction

 

Acrylique sur toile, 185 x 300 cm, Tate Modern, Londres, Adagp, Paris, 2019

À défaut d’avoir été l’inventeur de l’abstraction, fondé par ses pairs Kandinsky, Mondrian et Malevitch 10 ans plus tôt, Hartung en est un Héro en devenant le précurseur et le principal promoteur de l’abstraction gestuelle que l’on appellera après guerre l’abstraction lyrique.

 

5/ Un carnet d’adresse bien rempli

Hans Hartung

Hans Hartung, Dessins 1921/1938, Galerie Craven, 1956

Apres les années 30, lorsque l’artiste commence à se faire un nom et à adopter un style qui lui est propre, il se lie d’amitié avec les plus grands artistes du moment tel que Miró, Mondrian ou Julio Gonzáles et plus tard ce sera avec Pierre Soulages ou encore l’Américain Mark Rothko que l'artiste aura l'occasion de correspondre.

 

6/ Arrêté par la Gestapo

 cubisme

Hans Hartung, Sans titre, 1927, Huile sur toile

Alors que Hans Hartung cotoyait des amis juifs ou communistes, il est suivi par la gestapo et arreté. Sa peinture est jugée comme « dégénérée » par les Nazis ce qui oblige le peintre Allemand à fuir une nouvelle fois son pays et à se réfugier à Paris. En 1939 il pendra une premiere fois les armes pour defendre son pays d’adoption contre son pays natal. Il est démobilisé en 1940 et s’exil en zone libre avant de rejoindre l’Espagne en 43 où il sera arreté par la police. Il s’echappe des minables conditions de sa detention en s’engageant uune nuovelle fois dans la légion française.

 

7/ Il a reçu de nombreuses décorations

Paolo Monti - Servizio fotografico - BEIC 6340876.jpg

Hans Hartung photographié par Paolo Monti en 1960

Militairement, Hans Hartung a reçu le titre de Grand Officier de la Légion d’honneur, décoré de la Médaille militaire, et de la Croix de guerre. Artistiquement, il reçu le titre de Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres et le Grand Prix International de peinture de la Biennale de Venise en 1960.

 

8/ Un amour aveugle pour Anna Eva Bergman

 

Anna-Eva Bergman et Hans Hartung, mariage, 1929

Un soir de mai 1929, Hans Hartung qui ne connait pas encore grand monde à Paris, s’ennuie. Pour passer le temps il se rend au bar du dôme à Montparnasse et commande un verre de Pernod. Il y rencontre un peintre Norvégien. Dans l’ivresse de leurs échanges, les deux artistes sympathisent, et le peintre norvégien invite Hans Hartung à une soirée donnée par des artistes scandinaves. C’est là que Hans Hartung rencontre une jeune Suédoise, menu, aux grands yeux bleus, pour qui l’artiste à le coup de foudre : Anna Eva Bergman. Seulement 14 jours après leur rencontre, le jeune couple part se promener dans les jardins de Versailles et décide de se marier.

 

9/ Il a fait de la sculpture

 Dialogue Kirili-Hartung" Octobre 2012/Janvier 2013 - Fondation ...

Sans titre, 1938,  Fondation Hartung Bergman

Vers la fin des années 1930, sa situation financière se dégrade très rapidement et Hans se retrouve contraint de déménager dans un studio plus petit à Paris. Par la suite c’est son ami Henri Goetz qui le prend sous son toit. Puis le sculpteur Julio González l’accueille dans son atelier. Ainsi Hans se lia d’amitié avec le sculpteur et s’initia à l’art tridimensionnel. Deux sculptures abstraites naissent alors de cette expérimentation, dont une qui sera exposée au salon des Surindépendants.  

 

10/ Il faisait des dessins minutieux pour ses toiles

 art abstrait

Hans Hartung – T1936 8 – 1936 – Huile sur toile
Hans Hartung – Sans titre – 1934 – Crayon sur papier

À son arrivée à Paris, dans le courant des années 1930,  Hans Hartung vivait dans la précarité et avait beaucoup de mal à se fournir en matériel. Un jour son ami Jean Hélion, lui aussi peintre, lui donna un conseil que Hans n’oubliera jamais. Il lui conseilla de rester toujours fidèle à ses esquisses, et d’accepter ses erreurs de dessin. Ainsi durant cette période et jusqu’aux années 1960, Hartung reproduira fidèlement toutes ses esquisses sur toile, grâce à la technique de la mise au carreau. Ce procédé lui permit d’économiser des toiles, de la peinture et des pinceaux.  Aussi sauvages et dynamiques que ses peintures puissent paraître, elles sont en fait minutieusement et consciemment préparées.

 

BONUS : Il a été l'architecte et le maître d'oeuvre de ses 3 dernières maisons.

Fondation Hartung Bergman, Antibes. | Maison

Fondation Hartung Bergman, Antibes.

Sa dernière étant sa plus belle réalisation, dans le sud, à l'ombre des oliviers. Le but était de fuir la pollution de la ville, de trouver un espace plus grand pour l'atelier de sa femme et le sien. Mais avant tout il avait un attrait pour l'architecture moderne, cubique du sud, qui chasse le soleil et la chaleur. Sans oublier sa grande piscine dans laquelle il plongeait chaque jours.