Jean-Jacques Pigeon

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La découverte des écrits et des oeuvres peintes et sculpturales de Jean Dubuffet, puis de l’accrochage de Pierre Soulages au Centre Georges Pompidou à Paris en 1979 l’immergent dans l’art dit contemporain. Sa rencontre avec un artiste peintre rigoureux, proche du groupe B.M.P.T et qui lui enseigne les leçons du Bauhaus dans le cadre d’une école d’arts, va être déterminante. Il lui fait découvrir les oeuvres de Simon Hantaï, celles de Support-Surface, les peintures et sculptures des Minimalistes des Etats Unis. Il se questionne «naturellement» sur les enjeux et finalités de l’art à travers une pratique personnelle et des études à l’université Panthéon-Sorbonne de Paris, qui se concluent par une agrégation et une thèse de doctorat en Science de l’Art.
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Fort de ses rencontres et apprentissages, et persuadé que l’art est avant tout un champ d’expérimentations, il poursuit un travail de recherches rendues visibles par des séries d’oeuvres toujours en devenir. C’est dans le «végétal», un «motif-prétexte», qu’il trouve cette possibilité comme en témoignent Fleurs, Effeuillages et Brindilles. Dessinateur et peintre, il finit par trouver le cadre du tableau trop étroit. Depuis les années 2000 il expérimente et construit des oeuvres en volume, souvent monumentales, à partir de branches et brindilles, en relation avec des espaces spécifiques. Dans ses réalisations, quelles soient picturales ou sculpturales, il questionne de manière récurrente le décoratif et l’ornemental qui hante l’art depuis la préhistoire, l’oeuvre et son environnement au-delà du motif végétal.
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"Je veux rejoindre la fluidité du monde en m’intéressant – sans le savoir -, dans un esprit proche du « monde flottant » de l’Ukiyo-e de l’époque d’Edo au Japon, à ces feuilles, ces brindilles, ces fleurs pleines d’insignifiance et mais qui peuvent dire tant de choses de nous-mêmes, du monde et de l’art".