Zoom sur Invader, le projet d’une vie.

Zoom sur Invader, le projet d’une vie.

 

Diplômé des Beaux-Arts en 1998, le street-artist Invader, qui se définit comme un AVNI (Artiste Vivant Non Identifié), vient de faire partir sa Joconde Rubik's cube pour la somme de 480 200€ dimanche soir chez Artcurial. Le résultat d’une longue enchère entre deux personnes, l’une dans la salle, l’autre au téléphone. Un record du monde pour la série de "tableaux objets" de l'artiste de rue, a annoncé la maison d'enchères.

Assemblée avec près de 300 Rubik's Cubes, la Joconde en Rubik's cube, qui réinterprète à l’ère moderne le célèbre tableau de Léonard de Vinci, est entièrement composée avec ces cubes magiques 3D, objet emblématique des années 80.

"Rubik Mona Lisa", réalisée en 2005, a multiplié par quatre son estimation lors d'une vente consacrée à l'art urbain à la maison Artcurial aux Champs-Elysées à Paris, qui a dispersé plusieurs oeuvres de grands street artistes contemporains.

En décembre dernier, Space Invader survenait la scène artistique avec un oeuvre géante du coté de Beaubourg. Avec 9 m de hauteur, 7 m de large et 447 carreaux de mosaïque blancs, noirs et rouges, il domine fièrement la célèbre fontaine Stravinsky aux côtés des œuvres de Shepard Fairey et Jef Aérosol.

 

 

Avec près de 3850 pièces réparties dans 79 villes différentes, de Los Angeles à Katmandou, Invader s’inscrit comme un street-artist permettant de libérer l’Art de ses carcans que sont les musées et les institutions.

L’œuvre de l’artiste est un projet de longue haleine. Le « Space Invaders project » entamé il y a 20 ans, a pour objectif de libérer les Space Invaders de leurs écrans de jeux vidéo pour les amener dans notre propre réalité. Une belle image quand on sait que l’Homme, depuis le début de la création du projet, n’a cessé de s’engouffrer dans le monde du numérique.

 

 

Pour autant, l’artiste a développé une application sur smartphone, une chasse aux trésors à l’instar de « Pokémon Go » où les invaders remplacent les Pikachu. L’app vous invite à sortir de chez vous pour collectionner en photo les créations de l’artiste. Plus vous prenez de photos d’invaders, plus vous améliorez votre niveau, dans un classement qui compte déjà plus de 80 000 joueurs.

Il convient donc de s’interroger sur les réelles motivations de l’artiste. Souhaite-t-il nous faire comprendre que nous sommes inexorablement les victimes consentantes de cette dictature invisible qu’est le numérique ? ou au contraire, cherche-t-il à diffuser dans notre monde réel, une part d’irréel, comme si tous deux étaient liés ?