Philosophie de l'Art - Diderot  (1/9)

Philosophie de l'Art - Diderot (1/9)

Ce début de confinement nous laisse le temps de vaguer à nos occupations préférées. Ces prochains jours seront l'occasion pour Alix de se questionner sur la place qu'occupe la philosophie dans la compréhension de l'art. Pour cela nous nous appuyons sur "Petite philosophie de l'Art", rédigé par C. Morana & E. Oudin, aux éditions Eyrolles. 

Il y a du mystère dans l’art. C’est peut-être ce qui agace ou déroute les philosophes.

Au XVIIIème siècle, les « beaux-arts » deviennent, en tant que tels, objets de réflexion philosophique. Avant cette époque, les frontières entre artiste et artisan sont vagues. C’est Leonard de Vinci qui a proclamé la peinture comme une « chose mentale » pour revendiquer l’Art comme une dignité supérieure à celle que l’on accorde alors jusque-là aux Arts mécaniques. Il ne saurait y avoir, à proprement parler de philosophie de l’Art avant le XVIIIème siècle, en tout cas au sens que nous donnons à ce mot. De Gilles Deleuze à Burke, Alix vous propose une série en 9 articles afin d’explorer la réflexion des grands penseurs faite autour des beaux-arts.

 

Denis Diderot

C’est en se questionnant sur les origines du langage que le chef d’orchestre de l’« Encyclopédie » s’ intéresse aux origines de l’art. Selon le philosophe, avant le langage articulé, l’Homme ne pouvait transmettre sa pensée que par imitation ou représentation. Aussi, l’Art a dû naitre de ce besoin de communiquer. Et Diderot va même plus loin en disant que l’Art est en mesure d’exprimer ce que le langage articulé ne peut atteindre pleinement :

 

« Celui qui se promène dans une galerie de peinture fait sans y penser le rôle d’un sourd qui s’amuserait à examiner des muets qui s’entretiennent sur des sujets qui lui sont connus. Ce point de vue est un de ceux sous lequel j’ai toujours regardé les tableaux qui m’ont été présentés. »

 

C’est par le biais de cette première pensée que Diderot souhaite faire de l’éclaircissement du peuple son combat premier. Pour lui, l’Art doit cesser d’être l’apanage d’une minorité et doit être proposé universellement :

 

« Les découvertes ne me paraissent en valeur et en sûreté que quand elles sont rentrées dans la masse commune ; et je me hâte de les y porter. »

 

En qualité de critique d’art, Diderot, non seulement écrit sur l’Art pour le peuple, mais il invite ses pairs à se rendre aux Salons et à juger par eux-même de ce qu’on leur propose. De cette nécessité de rendre l’art populaire découle également une conception esthétique complémentaire : si l’art peut et doit être exposé à tous, il faut également, pour ce faire qu’il soit visuellement accessible.

 

Cette approche de l’art touche particulièrement notre projet qui a vu le jour pour cette dernière raison. Nous souhaitons rappeler que passer la porte d’un musée ou d’une galerie d’art contemporain n’est pas évident pour tous. Et c’est en proposant de nouveaux lieux d’exposition que nous pourrons enfin apporter un regard nouveau sur l’importance et les bienfaits de l’art au sein de notre société.