"Le jardin des délices", une oeuvre difficilement interprétable ?

"Le jardin des délices", une oeuvre difficilement interprétable ?

S’il y a bien un point commun entre Leonardo DiCaprio et le roi d’Espagne Philippe II, c’est bien leur fascination pour « Le Jardin des délices » de Jérôme Bosch.

« Le Jardin des délices » de Jérôme Bosch

La vedette d'Hollywood, philanthrope et militant pour l’environnement Leonardo DiCaprio, a offert au pape François une monographie consacrée à l’artiste lors de sa visite au Vatican. Il a expliqué à sa Sainteté, que lorsqu’il était enfant, une reproduction du tableau était accrochée au-dessus de son lit avant d’ajouter : « Quand j’étais petit, je pouvais à peine comprendre ce que tout cela voulait dire, pourtant à travers mes yeux d’enfant, cela représentait la planète, l’utopie qu’on nous avait léguée, la surpopulation, les excès et, dans le troisième panneau, on voit un ciel noirci qui représente pour moi tout ce qui arrive à l’environnement. »

 

Leonardo DiCaprio et le Pape François au Vatican

Le roi d’Espagne quant à lui, avait acheté l'œuvre pour l'installer dans ses intérieurs privés de l'Escurial. On dit que sur son lit de mort, les derniers conseils donnés par ce catholique intransigeant furent de bien regarder ce tableau qui, selon lui, contient « une certaine sagesse ».

 

Zoom sur « Le Jardin des délices » de Jérôme Bosch - Panneau central 

Depuis 1939, ce triptyque mystérieux, étonnant, pittoresque et effrayant qui se veut surréaliste pour certains et réaliste pour d’autres, appartient désormais au Prado (qui refuse de le prêter), où des milliers de touristes fascinés se pressent pour l'admirer.

 

Pourquoi tant de fascination pour cette œuvre ?

 

« Le Jardin des délices » de Jérôme Bosch fermé

3 panneaux, plus une autre peinture qui apparaît quand on les referme, des paysages merveilleux, des êtres fantastiques, des hommes et des femmes nus, en haut, en bas, des choses surréalistes… Le tout pour plusieurs centaines d’interprétations possibles. Artistes, philosophes et historiens de l’art s’échinent encore à résoudre son mystère. Pourtant chacun peut puiser un savoir ou une vérité troublante de ce tryptique. Au XVIe siècle José de Sigüenza écrivait même : « S’il y a des absurdités dans son œuvre, ce sont les nôtres, pas les siennes.»

 

Il existe tout de même un sens général à cette œuvre.

 

Zoom sur « Le Jardin des délices » de Jérôme Bosch - Panneau de droite 

Comme tous les triptyques de l’époque, le premier panneau montre le péché originel (Eve et Adam rencontrent Dieu), le second montre les errements de ceux qui se sont éloignés de la parole de Dieu (l’antichambre des enfers pour certains, paradis terrestre pour d’autres) et le troisième représente l’Enfer qui les attend (avec du noir, du feu, des tortures et de la souffrance).