L'art, une pièce maîtresse sur l'échiquier géopolitique international

L'art, une pièce maîtresse sur l'échiquier géopolitique international

Par essence, les œuvres d’art ont toujours évoqué les différents enjeux de la société. Impactés par l’actualité, les artistes engagés veulent changer les choses et pousser le peuple à l’indignement. Cet engagement s’exprime sur leurs œuvres, qui en ressortent rarement apolitiques.
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L’art, une arme politique à double tranchant

Pour André Breton, chef de file du surréalisme et du dadaïsme, les mots de Marx « Transformer le monde » et ceux de Rimbaud « Changer la vie » ne formaient qu’un seul et même mot d’ordre. En réunissant les propos de ces deux personnalités, André Breton exprime le fait que l’art peut utiliser la politique, tout comme la politique peut utiliser l’art.

Néanmoins, l’art reste plus puissant que n’importe quel discours car il n’impose pas, il évoque. L’Espagne l’avait bien compris en commandant une toile au célèbre Pablo Picasso en 1937 qui peignit alors Guernica. L’état savait qu’aujourd’hui encore il pourrait émouvoir ses visiteurs sur le sort de la ville Basque. En se différenciant de tout autre discours par leur force d’évocation, les œuvres, avec ou sans le consentement de l’artiste, deviennent un outil politique.

L’art, un enjeu politique 

La politique n’est pas la matière de l’œuvre d’art. En revanche l’œuvre d’art peut laisser sous-entendre un discours politique. La fonction première de l’artiste n’est alors pas de donner un sens à l’ordre établi mais d’ouvrir les portes à la création.

La création n’apporte rien aux institutions qui ne cherchent que la représentation de leur modèle. Les États totalitaires l’ont bien compris et ont usé de la censure pour se prémunir des dangers de la création. Le rôle de la censure est à l’époque prédominant. Il implique le soutient de tout ce qui est propice au pouvoir, et l’élimination de tout ce qui pourrait y porter préjudice.

À l’abandon du politique correspond l’absence d’art politique 

L’art est une arme redoutable et lorsque Joseph Nye évoqua le soft power, en opposition au hard power en 1990, il plaça la culture, l’économie et la politique sur un pied d’égalité. Le soft power a depuis fait ses preuves en termes de pouvoir d’influence. En témoigne récemment la création du Louvre Abu Dhabi en Arabie Saoudite, acte éminemment politique qui profite aux 2 parties : à la France économiquement et à l’Arabie Saoudite qui développe son tourisme pour se préparer à l’après pétrole. 

Le devoir des intellectuels 

Aujourd’hui, seuls les chercheurs, universitaires et médias tiennent le rôle fondamental de garder un esprit critique, de toujours remettre en cause et en question les idées reçues ainsi que de multiplier les messages pour permettre un dialogue citoyen. Ils sont logiquement les mieux placés pour aller à contre-courant des pensées établies et ainsi nous offrir une myriade d’interprétations possibles.