La nature vous donne rendez-vous au musée Zadkine

La nature vous donne rendez-vous au musée Zadkine

 

L'exposition interroge la fascination, faite de peur et d'enchantement, que suscite la forêt dans notre imaginaire. Refuge du vivant, du sauvage, du sacré, celle-ci représente ce qui échappe aux entreprises humaines de domestication et de rationalisation du monde ; ce qui leur préexiste et leur servira. C’est par ailleurs dans ce que la forêt peut avoir de mystérieux, voire de menaçant : une genèse inexplicable, une poussée désordonnée, que Max Ernst peignit « la dernière Forêt » que vous retrouverez au musée Zadkine.

 

Max Ernst "La dernière forêt", 1960-70, Huile sur toile, 114 x 145,5 cm

 

Face à la montée des préoccupations écologiques, ce projet engage une réflexion anthropologique et artistique qui souhaite redonner une profondeur historique au motif de la forêt et du monde sauvage, dont la révolution industrielle ne diminue paradoxalement pas l'importance symbolique pour les artistes. Au contraire, le thème a donné naissance à de nombreux chefs-d’œuvre de l'art moderne et reste d'une brûlante actualité chez les artistes contemporains. Ariane Michel et Estefania Peñafiel Loaiza, nous rappellent à l’heure de la destruction avancée de la forêt, la nécessité de maintenir ou de restaurer les points de passage entre la civilisation et la forêt.

 

"Tout un peuple de bois, toute une forêt", ainsi que le formule Ossip Zadkine dans ses mémoires.

Puisant dans la littérature, la philosophie, les sciences, "le rêveur de la forêt" éclaire de manière inédite l'œuvre de Zadkine, la vie de ses sculptures, leur lien organique à la forêt, tout en croisant les époques, les médiums et les genres.

 

Natalia Gontcharova "Forêt d'automne", 1950

Espace de liberté ou d’ensauvagement, la lisière de la forêt représente des frontières physiques et symboliques du monde civilisé. Les artistes de la modernité – Gauguin, Derain ou Picasso – ne cessent de franchir ce seuil en quête de renouveau, fascinés autant par le modèle de la nature sauvage que par l’exemple des « primitifs » : formes archaïques, arts populaires et art brut.

 Après-guerre, la forêt est encore un modèle pour Giacometti qui l’assimile à la communauté humaine. Chez Dubuffet, au contraire l’homme disparait au profit des matières sylvestres.

 

Jean Dubuffet, « Chaussée boiseuse », 1959

Guidé par ces visionnaires qui, pour nourrir leur art ou le régénérer, font de multiples allers-retours jusqu'au cœur du monde sauvage, un récit en 3 temps, de la lisière du bois à la genèse et aux mystères de la forêt, dévoile la transformation du regard porté sur cet écosystème vivant, réservoir de force vitale.

 

 Informations : 

  • 100bis Rue d'Assas, 75006 Paris
  • Du 27 Septembre 2019 au 23 février 2020