Interview Artiste - Djulijan de la Crouée

Interview Artiste - Djulijan de la Crouée

Djulijan de la Crouée

    

       

Nous avons rencontré Djulijan de la Crouée, artiste photographe, lors de notre passage dans la très belle ville de La Rochelle. Sa démarche artistique singulière et son franc parlé nous a donné envie d'en savoir un peu plus sur sa vie, et sur son activité d'artiste.

Djulijan expose toute l'année ses oeuvres dans un restaurant à La Rochelle, la Brasserie du Gabut, sur le port. Une démarche qui ne nous a pas laissé indifférents. Nous lui avons donc posé quelques questions :

Alix : Hello Djulijan, merci de nous avoir accordé du temps aujourd'hui. Parles-nous un peu de toi, de ton parcours et de ta vocation de photographe.

     

Djulijan : Salut Quentin et Victor, merci d'être venus à ma rencontre à la brasserie du Gabut, là où j'expose à l'année. J'ai commencé la photographie il y a 6 ans, en tant que professionnel, mais je n’y suis pas venu par hasard, ma vie était très compliquée, il fallait absolument que je trouve une passion qui me structure, car tout était fade, j’étais vraiment dans le vide, après pas mal de galères de santé... Je me suis dit, il doit forcément y avoir quelque chose de vraiment bien qui m'attend, alors j'ai décidé de me prendre en main, et puis je me suis souvenu de deux mots, qui ont raisonné tout le temps dans ma tête, c'était "déstructuration" et "restructuration", ou comment passer d'un état brut pour ensuite le restructurer à sa manière, vers quelque chose de positif.

En fait par le biais de ces deux mots, j'avais compris la théorie du chaos (casser pour mieux reconstruire, pour être toujours le plus performant), cette théorie je l'avais appris il y a bien longtemps, chez Techno Import, Paris 75011, lorsque Mazen, quand j’avais l'âge de 13 ans, m'a initié à la composition d'un morceau de Techno.  Mais voilà cela ne me suffisait plus, j'avais encore des chose à dire mais d'une autre manière, j'avais besoin d'autres vibrations, je ne supportais plus mon environnement, j'étais tout le temps en extérieur. Un jour j’ai commencé à photographier les couchers de soleil, et là ce fut la révélation.

       

       

Alix : Tu as développé ta méthode particulière pour la photographie : tu photographie des scènes/paysages en reflet dans une flaque d'eau. Pourquoi ? As-tu des artistes qui t'ont influencé dans ton travail ?

       

Djulijan : J'ai commencé à comprendre la lumière dans tous ses états, je photographiais tous les jours non stop, 7/7, au point de mettre deux heures pour aller au travail, (et d'ailleurs je me suis fait renvoyé de mon job de cuisinier), entre temps il y a une maison d'édition qui m’a contacté pour que je puisse exposer mes oeuvres dans la gare de la Rochelle, et depuis je continue toujours d'exposer sur La Rochelle ville. Surtout je tiens à dire qu'il y a deux personnes qui sont très importantes pour moi dans mon évolution d'artiste, qui m'ont éveillé à la sensibilité, c'est Flora de Negroni qui est artiste peintre corse et Eléna Schnitzler Salotchkaya qui est artiste photographe à La Rochelle, sans qui je n'aurais pas pu évoluer dans mon art. Pour ma démarche artistique, je m'inspire très peu d'artistes, je n'ai pratiquement pas de culture de l'histoire de l'art, mais j'estime que finalement ce n'est pas un inconvénient, bien au contraire, car je ne me fais pas influencer par d'autres artistes, je suis libre, je ne suis pas tenu par des codes académiques. Ce que j'aime c'est surprendre, ne ressembler à personne et surtout casser tous les schémas, être tout simplement Djulijan.

      

La péniche du quai de L'arsenal à Paris Bastille, Djulijan de la Crouée, 2019

     

Alix : Tu exposes aujourd'hui dans des hôtels, des restaurants et des brasseries, à La Rochelle mais aussi à Paris bientôt. Dis-nous pourquoi tu préfères exposer dans ces lieux là ?

    

Djulijan : Lorsque je suis arrivé à La Rochelle, j'ai essayé d’exposer dans des galeries, mais ça n'allait vraiment pas, j'ai été souvent confronté à du délit de faciès, à du mépris et à des prix exorbitants pratiqués par des galeristes et j'ai dû renoncer... Un jour une galeriste m'a dit que si je voulais exposer dans sa galerie, elle prenait 70 pour cent sur chaque vente de mes œuvres et que le prix de sa galerie était de 350 euros la semaine et que le vernissage était aussi à mes frais. Et moi je lui ai répondu qu'elle pensait plus à son confort qu'à celui de l'artiste, que c'était une honte... Et elle m'a alors rétorqué que je ne ferai jamais carrière. Après réflexion, j'ai décidé d'aller démarcher les restaurants, les hôtels, pour pouvoir exposer mes oeuvres gratuitement et j'ai été accueilli à bras ouverts. Maintenant, dans la ville de La Rochelle, je suis enfin satisfait de mon travail, car il est vu par un maximum de monde, et de tous les horizons. J'estime que j'ai réussi mon pari à La Rochelle, mon art doit être accessible au plus grand nombre, car ce sont toutes ces personnes qui me donnent de la matière pour pouvoir créer. C'est donc une évidence que je m'impose d'exposer dans des endroits où toutes les couches sociales coexistent.

       

        
       

Alix : Qu'est-ce qui te plaît dans notre projet ? Qu'attends-tu de notre collaboration ?

     

Djulijan : Votre projet est génial, je vous soutiens à fond, c'est une démarche magnifique, et surtout une aventure humaine, pleine d'espoirs pour les artistes! Les artistes vivent souvent des grandes traversées du désert, et je pense qu'ils méritent d'être reconnus par rapport à leur art. Dans votre démarche en accomplissant le tour de France à vélo, vous devez vivre des grands moments de doutes, de solitudes, de joies, de déceptions, et ainsi vous vous mettez dans la peau des artistes. Je trouve cela superbe, et la seule chose qui vous anime est d’amener votre projet à terme, comme un artiste qui est convaincu que son art est génial. Les artistes ont besoin de personnes comme vous ! Merci Quentin et Victor d'exister.

    

Alix : Merci Djulijan ! Ca fait vraiment chaud au coeur. Dernière question, quels sont tes futurs projets ?

    

Djulijan : Mon rêve est de pouvoir accéder à une résidence d'artistes et de pouvoir faire ce que j'ai fait sur Paris et La Rochelle dans toutes les capitales du monde, c'est à dire de proposer mon travail de réflexion en photographie.

      

Merci Djulijan pour ce moment passé avec toi. Nous te souhaitons tout le meilleur pour la suite de ta carrière artistique et espérons exposer tes oeuvres à Paris prochainement !

    

Retrouvez toutes les oeuvres de Djulijan de la Crouée sur Alix !